PARIS, 10 mars (Reuters) - L'affaire du contrat des avions ravitailleurs pour l'US Air Force est "grave" et n'en restera pas là, a déclaré mercredi le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche.
Il a estimé, à l'issue du conseil des ministres, que le mot "scandale", à propos de cette affaire, était "faible".
Le groupe aéronautique européen EADS et son allié américain Northrop Grumman ont dû se retirer d'un appel d'offre qu'ils avaient d'abord remporté mais qui a été annulé sous la pression de Boeing, désormais seul en lice.
"C'est absolument incompatible avec les règles de droit", a déclaré Pierre Lellouche. "Quand un contrat est signé, qu'il est ensuite dénoncé (...), que les spécifications soient réécrites pour favoriser l'avion américain, qu'ensuite on se livre à des pressions, que l'offre européenne soit obligée de se retirer, je trouve qu'on a dépassé les bornes."
"Ce n'est pas la peine, ensuite, de demander aux Européens de contribuer à la défense globale, de se mobiliser pour la défense commune, si on leur dénie le droit d'avoir une industrie de défense qui puisse travailler des deux côtés de l'Atlantique", a ajouté le ministre français.
Pierre Lellouche a qualifié cette affaire d'"affront" pour la France et pour toute l'Europe.
"Mais nous allons réagir", a-t-il poursuivi. "Il y aura des conséquences (...) Cette affaire n'est nullement close."
Il a précisé que le président Nicolas Sarkozy, qui doit aller à la fin du mois aux Etats-Unis et rencontrer à cette occasion le président américain Barack Obama, interviendrait sur cette question "le moment venu". (Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)